Imprimantes HP : la mise à jour du firmware « 2602A/B » qui condamne vos cartouches génériques
- Accueil
- Actualités informatique
- Imprimantes HP : la mise à jour du firmware « 2602A/B » qui condamne vos cartouches génériques
Si vous utilisez une imprimante HP, vous avez peut-être remarqué un message d’erreur critique sur votre écran ces derniers jours. Ce n’est ni une panne matérielle ni une coïncidence malheureuse. Le fabricant américain vient de déployer, il y a quelques jours, une mise à jour logicielle baptisée 2602A/B, un update qui rend purement et simplement inutilisables les cartouches d’encre dites « compatibles » ou « génériques ». Sous couvert de sécurité, cette décision soulève une vague d’indignation chez les consommateurs et pourrait même mettre HP en porte-à-faux avec les nouvelles certifications écologiques internationales. HP appelle ça « Dynamic Security » pour la sécurité et la fiabilité… nous, on appelle ça un joli coup de pied au portefeuille et à la planète. Décryptage d’une stratégie qui fait grincer les dents et les portefeuilles, et qui pourrait bien lui valoir des ennuis avec la certification écolo EPEAT 2.0, qui interdit justement de bloquer les cartouches remanufacturées.

Sommaire
ToggleImprimante HP : Un réveil difficile pour les budgets serrés
La scène est devenue classique mais reste tout aussi agaçante. Vous insérez une cartouche achetée trois fois moins cher que l’originale, tout fonctionne pendant des mois, puis soudain, plus rien. Un message s’affiche, « Cartouche non reconnue », « Cartouche manquante ou endommagée », « Retirez et réinstallez la cartouche d’encre », « Puce non HP détectée » ou « Impression bloquée », affirmant que la puce ou la cartouche n’est plus reconnue. Ce n’est pas votre matériel qui a vieilli prématurément, c’est le logiciel interne de la machine qui a reçu un nouvel ordre : celui de rejeter tout ce qui ne sort pas des usines officielles de la marque. Cette offensive silencieuse touche de nombreux modèles, des plus récents aux références installées dans nos bureaux depuis 2017. Pour l’utilisateur lambda, c’est une douche froide, surtout quand une impression urgente attend et que l’imprimante se transforme en un bloc de plastique inerte.
Le comportement récent de HP est symptomatique d’une tendance plus générale. HP se positionne comme un chef de file en matière de développement durable, de modèles économiques circulaires et de conception responsable de produits, mais au lieu d’aligner proactivement ses produits et ses pratiques sur les normes environnementales les plus exigeantes, telles que EPEAT 2.0, HP privilégie les profits et attend qu’un examen externe ou la menace de non-conformité l’oblige à changer.
I.ITC
Le mécanisme derrière la « sécurité dynamique »
Pour justifier ce verrouillage, l’entreprise utilise un terme très policé : la « sécurité dynamique ». Derrière ce concept marketing, on trouve un programme capable de vérifier l’ADN numérique de la puce intégrée à chaque consommable. Si le certificat d’authenticité manque à l’appel, le dialogue entre l’imprimante et la cartouche est coupé net. Les versions 2602A/B du firmware, diffusées massivement depuis la fin du mois de janvier 2026, sont les dernières armes de cette panoplie. Bien sûr, le constructeur argue que ces mesures protègent les utilisateurs contre d’éventuelles failles de sécurité ou des dommages matériels. Pourtant, pour de nombreux experts et associations, l’argument sécuritaire semble n’être qu’un paravent commode pour protéger une rente financière particulièrement lucrative.
Une stratégie commerciale face au mur de l’écologie
Le timing de cette mise à jour pose question, car il intervient juste après l’entrée en vigueur de la norme EPEAT 2.0. Ce label environnemental, essentiel pour remporter des marchés publics ou séduire les grandes entreprises soucieuses de leur image, impose désormais de ne pas bloquer les cartouches remanufacturées. En agissant ainsi, la firme semble faire un pari risqué. Elle privilégie ses revenus immédiats issus de la vente d’encre au détriment d’une conformité qui pourrait lui coûter de gros contrats à l’avenir. L’International Imaging Technology Council n’a d’ailleurs pas tardé à réagir, pointant du doigt une contradiction flagrante entre les discours officiels sur le développement durable et la réalité des pratiques logicielles qui poussent au gaspillage.
« EPEAT 2.0 incarne la prochaine étape dans le leadership en matière de technologie responsable », a déclaré Bob Mitchell, PDG de GEC. « En collaborant avec une communauté multipartite, nous avons posé des bases solides pour créer un cadre innovant qui accélère les progrès mesurables vers un avenir plus durable. Ce changement de système élargit considérablement la portée, l’impact et la valeur pratique d’EPEAT pour les organisations qui s’en servent au quotidien. »
Global Electronics Council
Des arguments qui peinent à convaincre
Le débat oppose deux visions radicalement différentes de la propriété. D’un côté, le géant de l’informatique martèle que les puces tierces peuvent être des portes d’entrée pour des logiciels malveillants. C’est un point de vue qui se défend sur le plan technique, mais qui semble disproportionné pour une simple tâche d’impression domestique. De l’autre côté, les défenseurs du droit à la réparation et les spécialistes du recyclage y voient une hérésie écologique. Bloquer une cartouche parfaitement fonctionnelle parce que son électronique n’est pas « signée » par le fabricant revient à créer des déchets inutiles. C’est ce décalage entre les ambitions climatiques globales et ces verrous numériques qui rend la situation si frustrante pour le public.
Quelles solutions pour les utilisateurs lésés ?
Si votre machine est déjà bloquée, les options de secours sont cependant limitées. Il est parfois possible de désactiver les futures mises à jour dans les menus de maintenance, mais cela n’annule pas celles déjà installées. Revenir à une version antérieure du logiciel est une opération périlleuse et souvent bloquée par l’appareil lui-même, qui refuse de « régresser » pour des raisons de sécurité. Pour ceux qui n’ont pas encore franchi le pas de l’achat, la réflexion s’oriente de plus en plus vers des alternatives comme les imprimantes à réservoirs d’encre, plus chères au départ mais dépourvues de puces restrictives. En fin de compte, le choix du consommateur reste le levier le plus puissant pour inciter les industriels à plus de transparence et de respect de la liberté d’utilisation. Soutenir les constructeurs qui respectent la liberté d’utilisation de leurs machines est peut-être le meilleur moyen de faire passer le message.
Ce qu'il faut retenir :
- Blocage immédiat : La mise à jour firmware 2602A/B, déployée début 2026, neutralise les cartouches non officielles sur de nombreux modèles HP, même anciens.
- Sécurité Dynamique : Sous couvert de protection contre les cyberattaques, ce verrou logiciel impose l'usage exclusif des consommables de la marque, bien plus coûteux.
- Conflit écologique : Cette pratique contredit la nouvelle norme EPEAT 2.0, censée favoriser le recyclage et l’usage de cartouches remanufacturées pour réduire les déchets.
- Conseil utilisateur : Pour garder la main sur votre budget, désactivez sans tarder les mises à jour automatiques dans les réglages de votre imprimante ou de l'application HP. Si ce n’est pas trop tard !
Auteur :
Thierry Chabot
Article publié le
16 mars 2026 et mis à jour le
16 mars 2026
Passionné par les ordinateurs depuis son premier PC-1512, il est l'auteur principal des articles concernant Internet, les OS et les moteurs de recherches. Il répond souvent sur les forums de TheSiteOueb.net avec le pseudonyme Cthierry pour proposer des solutions, sinon, il intervient directement en clientèle à domicile dans le sud de la Seine-et-Marne.
